Jour 13: Vallée Sacrée-Cusco (élévation 3400m)

Nous commençons la journée en beauté, direction les salines de Maras. Le spectacle est assez irréel : des milliers de bassins de sel étincelants, accrochés à la montagne, exploités de manière artisanale depuis l’époque préhispanique. Autant vous dire que si vous cherchiez du sel pour vos frites, vous êtes au bon endroit.

Après en avoir pris plein les yeux (et un peu sur la langue, pour tester), nous filons vers les terrasses circulaires de Moray. De loin, on dirait de gros cercles concentriques d’extraterrestres, mais c’est en fait un laboratoire agricole inca ultra-perfectionné. C’est ici qu’ils s’amusaient à tester différentes cultures selon les microclimats de chaque étage pour ensuite donner des cours du soir aux paysans du coin.

Pour le dîner, pause bien méritée dans un restaurant local avec une vue imprenable et, évidemment, la présence indispensable de deux lamas qui ne se souciaient absolument pas de nous.

L’après-midi nous réserve une surprise de taille au village traditionnel de Chinchero : nous tombons en plein dans les célébrations de Corpus Christi. Le village est en effervescence ! C’est un festival de couleurs et un véritable défilé de mode traditionnel, où les différentes ethnies se distinguent par la forme de leurs chapeaux. Un paradis pour les yeux (et un cauchemar pour rester en groupe).

De retour à Cusco en début d’après-midi, surprise : la fête nous a suivis ! La Plaza de Armas est noire de monde, l’ambiance de Corpus Christi bat son plein. C’est grandiose, bruyant et magnifique. En fait, pour cette fête, des statues de saints et de vierges en provenance de différents quartiers arrivent en procession jusqu’à la cathédrale pour saluer le corps du Christ.

Pour terminer la journée en douceur (et s’abriter de la foule), nous visitons le Musée du Chocolat. Bon, soyons honnêtes, le mot « musée » est un bien grand mot pour ce qui s’apparente plutôt à un piège gourmand. Après nous avoir fait goûter à une multitude de saveurs, nous avons succombé. C’était la mission parfaite pour combler le peu d’espace vide qui restait dans nos valises !

Le souper est inclus dans un restaurant face à la Plaza de Armas. Un repas avec animation (chants et danses traditionnels) et, au menu, de l’alpaga bien apprêté. (Désolé pour ceux du midi !).

Jour 12: La vallée sacrée

C’est LE jour que tout le monde attendait, le clou du spectacle, la consécration du voyage : la visite du Machu Picchu (qui signifie « vieille montagne », même si pour nos genoux, ça voulait plutôt dire « vieilles articulations »). Côté météo, le ciel joue les indécis avec 50 % de chances de pluie pour l’après-midi. Autant dire que le suspense est à son comble.

Départ assez tôt le matin, une demi-heure de bus sur une route cahoteuse direction la gare d’Ollantaytambo. Prendre le train là-bas, c’est déjà tout un spectacle en soi (et un excellent test de patience). S’ensuivent un peu moins de deux heures de rails pour enfin atteindre Aguas Calientes, la station au pied du mythe. Là, pas de temps à perdre : on engloutit un buffet à la vitesse de l’éclair et on saute dans une navette pour vingt minutes de lacets vertigineux.

Il existe une dizaine de circuits différents pour visiter le site. De notre côté, nous avions le circuit 1-B, vendu comme « catégorie facile ». Traduction : une ascension d’un peu moins de 100 mètres de dénivelé. Pour pimenter le tout, on nous divise en deux groupes : les « randonneurs » d’un côté, et les « marcheurs contemplatifs » de l’autre. Dans ce deuxième groupe, mention spéciale à un monsieur de 85 ans dont la devise officielle était « lentement mais sûrement » (un modèle pour nous tous).

Finalement, l’ascension a été une promenade de santé pour notre groupe. Et là, le choc. Arrivés en haut, le paysage est à couper le souffle : une vue aérienne grandiose sur la cité perdue, des lamas qui broutent l’herbe avec un calme absolu, et en prime, un arc-en-ciel digne d’une carte postale. On écoute les guides, on mitraille le site de photos et surtout, on savoure le moment présent en oubliant la météo qui fût coopérative.

Pour le retour ? On prend les mêmes et on recommence, mais en version marche arrière : navette, train, bus… Arrivée à l’hôtel vers 22 h 00, complètement vidés, épuisés, mais avec des étoiles plein les yeux et des photos plein la caméra!

Jour 11 – Cusco- Vallée Sacrée (62 km élévation 2970m)

Ce matin, départ pour la majestueuse Vallée Sacrée des Incas. Premier arrêt : le site archéologique de Pisac, l’un des plus spectaculaires de la région. C’est magnifique, c’est immense, et c’est surtout très haut. Nos poumons ont immédiatement validé l’altitude, mais la vue sur les terrasses agricoles valait bien quelques points de vie perdus.

Après avoir joué aux explorateurs, nous redescendons vers le village moderne. Changement d’ambiance : place au célèbre marché artisanal. Entre les chandail en alpaga (vrai ou faux, le mystère reste entier), les bijoux et les poteries, les couleurs explosent de partout. C’était le moment idéal pour tester nos compétences en négociation bien que les péruviens ne semblent pas beaucoup négocier.

Pour le midi, direction un superbe restaurant pour un buffet. L’occasion parfaite de goûter à tout pour recharger les batteries.

L’après-midi, on continue de descendre la vallée jusqu’à Ollantaytambo et sa forteresse littéralement accrochée à la montagne. Les Incas n’aimaient visiblement pas le plat. On a donc entamé l’ascension des marches de pierre géantes. Mes cuisses s’en souviennent encore, mais une fois en haut, la vue panoramique sur la vallée nous a coupé le souffle (le peu qu’il nous restait).

On a terminé la journée plus calmement en flânant dans les ruelles pavées de ce village resté intact depuis l’époque inca, avant de capituler sagement à l’hôtel pour le souper. Une douche, un bon repas, et au lit !

Jour 10  Visite de Cusco (élévation 3400 m)

La matinée est consacrée à la découverte de Cusco et de ses impressionnants vestiges incas. Nous partons explorer les quatre principaux sites archéologiques qui dominent la ville : Tambomachay, célèbre pour ses ingénieux canaux et fontaines alimentés par des sources naturelles; Puka Pukara, ancienne forteresse militaire servant de poste de contrôle; Qenqo, important centre cérémoniel où se déroulaient des rituels religieux; et enfin l’imposante Sacsayhuamán, spectaculaire forteresse qui protégeait autrefois la capitale de l’Empire inca.
Édifiée à plus de 3 700 mètres d’altitude, Sacsayhuamán impressionne par ses gigantesques blocs de pierre parfaitement ajustés les uns aux autres, sans l’utilisation de mortier. Certains de ces monolithes pèsent plusieurs dizaines de tonnes, ce qui soulève encore aujourd’hui de nombreuses questions sur les techniques de construction employées par les Incas.
Nous redescendons ensuite vers le centre historique pour visiter le Qorikancha, le célèbre Temple du Soleil. Considéré comme le principal centre religieux, politique et spirituel de l’Empire inca, il était autrefois recouvert de plaques d’or qui reflétaient les rayons du soleil. Bien que les conquistadors espagnols aient largement transformé le site en y construisant le couvent de Santo Domingo, les fondations incas remarquablement conservées témoignent encore aujourd’hui du savoir-faire exceptionnel de cette civilisation.
Après un dîner en groupe, nous poursuivons notre découverte de la ville avec nos amis Lucie et François. Nous faisons d’abord un arrêt devant la célèbre Pierre aux douze angles. Bien plus qu’un simple bloc de roche volcanique soigneusement taillé, elle fascine par la précision de son assemblage avec les pierres voisines. Mesurant environ un mètre de hauteur sur 1,20 mètre de longueur et pesant près de six tonnes, elle est devenue l’un des symboles du génie architectural inca.
Nous nous rendons ensuite dans le charmant quartier de San Blas, réputé pour ses ruelles pavées, ses ateliers d’artisans et son atmosphère bohème. Malheureusement, la place principale est en pleine rénovation lors de notre passage, ce qui nous empêche d’en apprécier tout le cachet.
Après un bref passage à l’hôtel à cause d’un passage de pluie, nous prenons la direction du marché de San Pedro, le plus ancien et le plus animé de Cusco. C’est un véritable plongeon dans le quotidien des habitants. Entre les étals colorés de fruits exotiques, les épices et les produits locaux, l’ambiance est aussi authentique qu’effervescente.
La journée se termine en beauté au restaurant Cicciolina recommandé par Lucie, l’une des tables les plus réputées de la ville. Dans une ambiance chaleureuse et raffinée, nous savourons une cuisine qui marie avec créativité les saveurs péruviennes et les influences méditerranéennes, une excellente façon de conclure cette journée riche en découvertes.

Jour 9- Puno vers Cusco (390 km élévation 3400 m)

Petit-déjeuner très tôt à l’hôtel, car le départ est prévu à 6 h 30. Nous prenons ensuite la route vers Cusco en traversant les vastes paysages de l’Altiplano péruvien, où les plaines balayées par le vent s’étendent à perte de vue.
En matinée, nous atteignons le col de La Raya, point culminant de notre trajet. Une courte halte permet de prendre quelques photos, de faire un peu de magasinage auprès des artisans locaux et de participer à une cérémonie traditionnelle d’offrande de feuilles de coca à la montagne. Je ne prends aucun risque : je participe volontiers à tous les rituels qui pourraient nous attirer les bonnes grâces des esprits andins !
Nous faisons ensuite un arrêt pour le dîner dans un restaurant-buffet avant de poursuivre notre route à travers la vallée du Vilcanota. Cette fertile vallée andine a joué un rôle central dans le développement de la civilisation inca et constitue aujourd’hui encore l’un des principaux axes de communication de la région.
L’après-midi est consacré à la visite du site archéologique de Raqchi, célèbre pour les impressionnants vestiges du temple de Wiracocha. Les immenses murs de pierre et d’adobe témoignent du savoir-faire architectural des Incas et de l’importance religieuse du lieu.
Nous poursuivons ensuite vers le charmant village d’Andahuaylillas, réputé pour son église baroque richement décorée, surnommée la « chapelle Sixtine des Andes ». Derrière sa façade relativement sobre se cache un véritable trésor artistique composé de fresques, de dorures et de magnifiques peintures coloniales.
En début de soirée, nous arrivons enfin à Cusco, ancienne capitale de l’Empire inca et l’une des villes les plus fascinantes d’Amérique du Sud. Nichée au cœur des Andes, elle nous accueillera pour les prochains jours avec son mélange unique d’héritage inca et d’architecture coloniale espagnole.

Jour 8: Lac Titicaca

Départ tôt le matin à bord de tuk-tuks modernes pour rejoindre le port de Puno. Une façon originale et amusante de commencer la journée avant d’embarquer pour une excursion d’une journée complète sur le lac Titicaca, le plus haut lac navigable du monde.

Notre première destination est les îles flottantes des Uros. Ces îles étonnantes sont construites entièrement à partir de roseaux et nécessitent un entretien constant. Chaque année, de nouvelles couches de roseaux doivent être ajoutées pour compenser l’usure naturelle et l’enfoncement progressif des îles.

L’accueil des habitants est des plus chaleureux. Nous sommes reçus comme des invités d’honneur. Le président de la communauté nous explique leur mode de vie ainsi que les techniques de construction et d’entretien des îles. Nous visitons ensuite leurs habitations traditionnelles et découvrons leur artisanat coloré. Bien sûr, il est difficile de résister à l’envie de rapporter quelques souvenirs.

Pour compléter l’expérience, nous embarquons à bord d’un bateau traditionnel fabriqué lui aussi en roseaux. Une balade courte mais mémorable qui nous permet d’apprécier encore davantage l’ingéniosité de ce peuple qui vit sur l’eau depuis des siècles.

Nous poursuivons ensuite notre navigation sur le lac Titicaca en direction de l’île de Taquile. Cette île est réputée pour avoir préservé ses traditions ancestrales et son mode de vie communautaire. Ici, les habitants vivent encore selon des règles transmises de génération en génération.

À notre arrivée, une montée à pied nous attend jusqu’au village situé au sommet de l’île. À près de 4 000 mètres d’altitude, la montée est plus exigeante qu’elle n’en a l’air. Heureusement, les panoramas sur le lac Titicaca sont à couper le souffle et offrent de nombreuses excuses pour s’arrêter… prendre des photos et reprendre son souffle.

Le dîner est servi sur l’île. Au menu : la célèbre truite du lac Titicaca, fraîchement préparée. Un repas simple mais délicieux, agrémenté d’une vue exceptionnelle sur les eaux bleues du lac et les montagnes lointaines de la Bolivie.

L’une des particularités les plus surprenantes de Taquile est la place importante qu’occupe le tricot dans la vie quotidienne. Ici, les hommes tricotent autant que les femmes, parfois dès leur plus jeune âge. Les bonnets qu’ils portent témoignent même de leur âge ou de leur statut matrimonial. Une tradition unique qui fait la renommée de l’île.

En milieu d’après-midi, nous redescendons vers un autre port situé à l’extrémité de l’île afin de reprendre le bateau vers Puno. Cette journée sur le lac Titicaca nous aura permis de découvrir deux communautés fascinantes, chacune ayant su préserver son identité et ses traditions malgré les changements du monde moderne.

Une journée riche en découvertes culturelles, en rencontres authentiques et en paysages grandioses qui restera assurément parmi les moments forts de notre voyage au Pérou.

Jour 7 – Canyon du Colca-Puno (300 km-élévation 3800m)

Petit déjeuner vers 6 h du matin, puis départ à travers la vallée du Colca.

Premier arrêt dans un village où les jeunes présentent des danses traditionnelles aux visiteurs afin de recueillir des fonds pour les activités scolaires. Une belle façon de découvrir la culture locale tout en contribuant à la communauté.

Nous poursuivons ensuite vers le mirador de la Cruz del Cóndor, l’un des points de vue les plus célèbres de la région. De là, nous profitons d’une vue spectaculaire sur le canyon du Colca : la rivière serpente plus de 1 000 mètres en contrebas, tandis que les falaises s’élèvent à près de 2 500 mètres de l’autre côté. C’est également l’endroit idéal pour observer le vol majestueux des condors andins. Avec leur envergure pouvant atteindre plus de trois mètres, ils planent au-dessus du canyon en utilisant les courants d’air ascendants. Malheureusement, nous ne disposons que d’une trentaine de minutes pour admirer et photographier ces impressionnants oiseaux. Un peu plus de temps n’aurait certainement pas été de trop.

Retour ensuite dans la vallée, avec quelques arrêts dans des villages typiques qui permettent d’apprécier le mode de vie des habitants et les magnifiques paysages agricoles façonnés en terrasses depuis des siècles.

Les routes sinueuses, combinées aux effets de l’altitude, auront toutefois raison d’un voyageur de notre groupe. Le départ prévu à 13 h est finalement repoussé à 15 h 45. Le voyageur et son épouse doivent être rapatriés vers Arequipa afin qu’il puisse recevoir les soins nécessaires.

Nous prenons finalement la route vers Puno. Une bonne partie du trajet à travers l’Altiplano se déroule dans l’obscurité, ce qui nous prive malheureusement des paysages. Nous arrivons à Puno vers 21 h 45.

Note sur l’altitude

Pour un voyage à de telles altitudes, quelques précautions sont essentielles. Avant notre départ, nous avons consulté une clinique du voyage afin d’obtenir une prescription pour faciliter l’acclimatation à l’altitude. Il est également recommandé de bien s’hydrater, d’éviter les efforts importants à l’arrivée et de manger légèrement.

Les habitants utilisent traditionnellement les feuilles de coca pour atténuer les effets du mal de l’altitude. On en trouve partout : dans les hôtels, les magasins et les restaurants, parfois servies sous forme de tisane. Malgré ces précautions, quelques voyageurs de notre groupe ont tout de même eu recours à l’oxygène pour mieux s’adapter aux hauteur de ce voyage.