Partie 11: De Miyajima à Hiroshima : un voyage dans le temps

Nous nous sommes réveillés dans l’atmosphère paisible de Miyajima. Après un passage au dépanneur local Lawson pour notre café matinal, nous avons profité de ce rare moment de tranquillité sur l’île. Presque seuls, nous avons savouré cette sérénité, sachant que l’accalmie serait de courte durée. Les traversiers ne tarderaient pas à débarquer des flots de visiteurs éphémères.

Nos pas nous ont menés au temple Senjokaku, surnommé le Pavillon aux 1000 tatamis. Nous avons pris le temps de découvrir cet immense pavillon en bois, impressionnés par sa simplicité et l’atmosphère de calme qui y régnait. Ensuite, nous nous sommes dirigés vers le sanctuaire d’Itsukushima, ce temple majestueux sur pilotis qui est un symbole de la spiritualité japonaise. Nous avons arpenté ses galeries de bois, nous imprégnant de la quiétude matinale du lieu.

Après avoir dit au revoir à Miyajima, nous avons pris le traversier qui relie l’île au continent. À la gare de Miyajimaguchi, nous avons opté pour le train électrique local. Situé tout près de la zone de débarquement, c’était certes le moyen le plus lent pour rejoindre Hiroshima, avec ses 31 arrêts, mais il offrait un aperçu des quartiers plus résidentiels de la région.

Notre première escale à Hiroshima nous a plongés dans un univers bien différent : le musée Mazda. Hiroshima est aussi le berceau d’un géant de l’industrie automobile japonaise. Fondée en 1920, Mazda a traversé les époques, devenant l’un des fleurons technologiques du pays.

Le musée, situé au cœur de l’usine, est un véritable voyage à travers le temps. Nous avons eu l’occasion d’assister à une visite guidée, où nous avons découvert l’histoire de la marque et son savoir-faire unique. Voir de près les chaînes de production en activité a été une expérience fascinante, témoignant de la précision et de l’innovation qui caractérisent l’industrie automobile japonaise.

Après cette immersion dans le monde de l’industrie, nous avons fait un arrêt pour le moins surprenant : une visite chez Costco, à Hiroshima. Oui, vous avez bien lu ! Pourquoi ? Par simple curiosité. La version japonaise est presque identique à celle du Québec, mais avec une affluence beaucoup plus réduite. Nous avons retrouvé la même disposition des rayons, les mêmes emballages gigantesques, et bien sûr, le célèbre hot-dog à la sortie.

Ce fut un moment amusant, qui nous a fait réaliser à quel point certaines habitudes de consommation transcendent les cultures. Une touche de familiarité au milieu de notre exploration japonaise.

Partie 10: Cap sur Miyajima

Ce matin, le ciel était clair, annonçant une journée parfaite pour prendre la route vers une nouvelle destination : l’île de Miyajima. Après un petit-déjeuner matinal à Kyoto, nous avons pris le Shinkansen en direction de Hiroshima. En un peu plus d’une heure et demie, nous voilà arrivés à la gare d’Hiroshima, où un train local nous a conduits pour le trajet final vers Miyajimaguchi. De là, nous avons pris le traversier qui nous a transportés jusqu’à l’île de Miyajima.

Direction le torii flottant. Rouge vermillon, il semble se fondre dans le paysage. À marée haute, le torii paraît flotter majestueusement, et à marée basse, il se dresse fièrement sur le sable, laissant les visiteurs s’approcher au plus près de ses imposantes fondations.

Mais Miyajima ne se limite pas à son torii iconique. Derrière le sanctuaire se dresse le mont Misen, culminant à 535 mètres, et offrant un panorama spectaculaire sur l’île et la mer intérieure. Pour s’y rendre, deux choix s’offrent aux visiteurs : une randonnée de quelques heures ou un trajet en téléphérique. Nous avons opté pour la deuxième option, curieux de découvrir la vue depuis les hauteurs.

De retour en bas, nous avons pris le temps de flâner dans le village de Miyajima. Les rues étroites, bordées de boutiques traditionnelles, invitent à la découverte. Ici, l’ambiance est différente de celle des grandes villes japonaises. Les cerfs se promènent librement, symboles de la nature sacrée de l’île.

Nous avons exploré les ruelles en dégustant quelques-unes des spécialités locales. Impossible de résister à un momiji manju, ce petit gâteau en forme de feuille d’érable, fourré à la pâte de haricot rouge.

À la fin de la journée, le défi est de taille : trouver un restaurant ouvert. À la tombée de la nuit, l’île s’endort dans un calme presque déconcertant, en contraste frappant avec l’effervescence des grandes villes que nous venons de visiter.

Partie 9: Kyoto enfin sous le soleil

Après une journée pluvieuse à sillonner Kyoto en transport en commun, nous avons eu le plaisir de retrouver notre ami japonais à l’hôtel, sous un ciel, cette fois-ci, d’un bleu limpide.

Nous avons commencé notre journée par une visite au Kinkakuji, plus connu sous le nom de Pavillon d’Or. Ce temple emblématique, dont le nom signifie littéralement « Pavillon recouvert d’or », est une merveille architecturale qui semble flotter sur un lac serein.

Dès l’entrée, sa façade dorée, illuminée par le soleil, nous a éblouis par sa magnificence. Notre guide nous a raconté que cet édifice était à l’origine une villa de détente pour le shogun Ashikaga Yoshimitsu, avant d’être transformé en temple bouddhiste. Même à l’ouverture, un afflux constant de touristes perturbe un peu la tranquillité du lieu.

Non loin du Pavillon d’Or, accessible en taxi, se trouve un lieu de méditation iconique : le Ryoanji, célèbre pour son jardin de pierres minimaliste. Ce jardin sec, composé de quinze rochers disposés sur un lit de gravier soigneusement ratissé, est conçu pour apaiser l’esprit.

De là, en train, nous nous sommes dirigés vers le quartier d’Arashiyama, où nous attendait le majestueux Tenryu-ji. Ce temple Zen, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, est réputé non seulement pour son architecture élégante, mais aussi pour ses jardins qui semblent se fondre parfaitement avec la nature environnante.

En sortant du temple, nous avons suivi notre guide Yagyu à travers un sentier ombragé menant à l’une des attractions les plus célèbres de Kyoto.

La forêt de bambous d’Arashiyama est l’un de ces endroits magiques que l’on ne se lasse jamais de visiter, même en connaissant l’affluence des touristes.

Pour profiter pleinement de la beauté d’Arashiyama, nous avions réservé le Sagano Scenic Railway, un train panoramique surnommé le « Train Romantique ». Ce petit train à l’ancienne serpente le long de la rivière Hozu, offrant des vues spectaculaires sur la vallée. Le chauffeur du train était en grande forme en décrivant les scènes en japonais dans un ambiance un peu cacophonique.

Le temps nous pressait, et un taxi nous a menés au Katsura Imperial Villa, un exemple parfait de l’art du jardinage japonais. La promenade autour du jardin est un voyage en soi, chaque pas révélant un nouveau point de vue soigneusement agencé.

Pour clôturer cette journée riche en découvertes, nous avons dîné au Guilo Guilo Hitoshina, un restaurant réputé pour ses plats inventifs. Il est indispensable de réserver à l’avance. Il n’y a pas de menu : c’est le chef qui compose chaque service selon son inspiration. Le seul bémol, le service était un peu rapide, Nous avons même goûté du fugu, un poisson hautement toxique s’il n’est pas préparé correctement. Si vous lisez ce blog, c’est que nous avons survécu !

Partie 8: Kyoto : une journée sculptée par la météo

Nous avions prévu de parcourir Kyoto à vélo avec un ami guide de 76 ans, mais c’était sans compter sur la météo capricieuse. Notre ami nous a suggéré de prendre le transport en commun.

Notre première destination, le temple Nishi-Honganji, a immédiatement donné le ton. Ce sanctuaire bouddhiste, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, se distingue par sa beauté sobre et sa sérénité. Des artisans à l’entrée nous ont montré comment fabriquer nos baguettes au grand plaisir de François.

Nous avons ensuite pris le métro pour nous rendre au château de Nijo, l’ancienne résidence des shoguns Tokugawa. Dès que l’on passe le grand portail, le contraste avec l’extérieur est frappant.

L’intérieur du Nijo-jo est célèbre pour ses planchers conçus pour émettre un léger grincement à chaque pas. Nous avons traversé ces longs corridors tout en admirant les peintures murales dorées représentant des tigres et des pins majestueux. À l’extérieur, les jardins parfaitement entretenus nous ont offert un oasis de quiétude.

Notre exploration s’est poursuivie au palais impérial et les jardins impériaux, un vaste espace vert encerclant le Palais. De merveilleux jardins japonais qui démontrent l’art horticole japonais.

Reprenant notre périple, nous avons traversé la ville en autobus jusqu’au Ginkakuji, ou Pavillon d’Argent. Ce temple possède un charme tout particulier. Construit à l’origine pour refléter l’esthétique de la philosophie Zen, le pavillon et ses jardins dégagent une élégance intemporelle.

En sortant de Ginkakuji, nous avons emprunté le Philosopher’s Path, un sentier piétonnier longeant un petit canal. L’endroit est réputé pour sa quiétude.

Nous avons terminé notre exploration dans le quartier mythique de Gion, le cœur historique des arts et de la tradition. En fin de journée, les ruelles étroites de Gion s’animent doucement, les lanternes s’allument ce qui confère à l’endroit une ambiance intemporelle de propre à Kyoto.

Pour clore cette journée bien remplie, notre guide nous a emmenés dans un restaurant de sushi à convoyeur. Rien de mieux pour terminer une journée de visites qu’un festin de sushi fraîchement préparés, défilant devant nous sur un tapis roulant.

Ne vous fiez pas à l’âge de notre guide. Il marche d’un bon pas et peut semer la plupart d’entre nous. Nous avons fait plus de 20 000 pas aujourd’hui, et il était encore plein d’énergie.

Partie 7: Kyoto: Bain de foule sous la pluie

Il y a des jours où la météo change tout, et cette journée à Kyoto en a été l’exemple parfait. Une pluie persistante a forcé un changement de programme. Premier arrêt: une visite au musée ferroviaire de Kyoto.

Le musée ferroviaire de Kyoto est un incontournable pour les passionnés de trains. Dès l’entrée, l’immense hall accueille les visiteurs avec une impressionnante collection de locomotives.

Après quelques heures à explorer les différents modèles de train racontant leurs histoire au Japon, l’appel du ventre s’est fait sentir. C’est alors que nous avons décidé de nous rendre au marché de Nishiki, espérant y trouver de quoi grignoter et peut-être une ambiance plus chaleureuse.

Une courte ballade en bus nous y amène. L’ensemble du Japon utilise une carte rechargeable pour le paiement des transports et divers achats. Nous avons acquis à l’aéroport la carte Suica. C’est très utile. Mais il ne faut pas la perdre dans le bus, demandez à Johanne.

Sous les toits colorés du marché de Nishiki, la scène était saisissante : malgré la pluie (ou à cause de la pluie), le marché débordait de vie. Les ruelles étroites étaient bondées de locaux et de touristes: une vraie marée humaine. Il était difficile de se déplacer dans cette rue étroite.
Nous décidons donc de nous diriger vers le sanctuaire Fushimi Inari avec ses célèbres torii vermillon alignés à perte de vue. Nous espérions y trouver le calme des sanctuaires traditionnels, mais la réalité était tout autre. La pluie n’avait pas découragé les visiteurs, bien au contraire. Le chemin qui monte à travers les milliers de portails était envahi par une foule d’admirateurs, la plupart armés de parapluies. Je vous conseil d’y aller tôt le matin pour maximiser votre expérience.

Il n’y a pas de mauvais temps pour explorer, seulement de nouvelles opportunités pour découvrir la ville sous un autre jour.

Partie 6: De Nagoya à Kyoto pour un bain de forêt

Depuis la gare de Nagoya, nous montons à bord du Shinkansen, pour rejoindre Kyoto. Le trajet ne prend qu’environ 40 minutes.

L’annonce de la pluie pour les prochains jours a changé les plans. Aujourd’hui, nous avons un objectif plus nature en se dirigeant vers Kurama après avoir déposé nos bagages à l’hôtel. Au Japon, nous n’avons jamais la chambre avant l’heure de « check-in ».

Nous transférons de train sur la ligne Eizan Electric Railway, une ligne pittoresque qui serpente jusqu’à Kurama, un village entouré de collines boisées.

Kurama est connu pour son temple, le Kurama-dera, et pour ses sentiers de randonnée qui relient le village voisin de Kibune à travers la montagne. Dès la sortie de la gare, nous nous dirigeons vers le temple bouddhiste perché sur les flancs du mont Kurama.

L’ascension vers le temple commence par un long escalier de pierre, bordé de lanternes et de cèdres géants. Nous atteignons la plateforme principale du temple. De là, une vue splendide sur la vallée de Kurama s’offre à nous. Le temple, caché par des draps, était cependant en rénovation.

Après une courte pause repas, nous empruntons le sentier de randonnée qui relie Kurama à Kibune. Ce sentier, d’environ 4 kilomètres, traverse des forêts épaisses et offre un véritable bain de nature. Les racines d’arbres forment des marches naturelles, tandis que le chant des oiseaux créent une symphonie apaisante.

En arrivant à Kibune, un petit village charmant situé le long d’une rivière cristalline, des gens s’affèrent à retirer les terasses des restaurants construits directement au-dessus de la rivière, ils ne sont ouverts que de mai à septembre.

De retour à Kyoto, après le souper, nous participons à une activité éphémère au temple Nishi Hongwanji: NAKED Lights at Nishi Hongwanji Temple. Les gens se promènent avec une lanterne à travers une partie du temple. Une marche mystique qui fait découvrir cet endroit sous d’autres angles. On peut souligner entre autre l’illumination du pavillon Huinkaku qui est généralement fermé au public et de la porte Karamon.

La gare de Kyoto est un véritable chef-d’œuvre architectural. L’édifice se distingue par son immense structure en verre et en acier, avec une hauteur de 15 étages et une longueur de 470 mètres. Son atrium qui inclut son célèbre escalier illuminé est un arrêt incontournable.

Partie 5: Exploration des Alpes Japonaises : De Nagoya à Takayama et Shirakawa-go

Nous commençons notre périple tôt le matin, au départ de Nagoya. Le point de rendez-vous est fixé près de la gare, où un autobus confortable nous attend. Après les présentations et quelques explications de notre guide, nous quittons la ville animée et nous dirigeons vers les montagnes. Le trajet en bus dure environ deux heures et demie, serpentant à travers des paysages changeants.

Arrivés à Takayama, nichée dans les montagnes de Hida, nous sommes transportés dans le temps. Takayama est surnommée la « Petite Kyoto » pour son atmosphère traditionnelle et ses nombreux bâtiments anciens. Après une visite du marché qui fermait à midi, nous commençons notre visite par le quartier historique de Sanmachi Suji, un ensemble de rues bordées de maisons en bois, de brasseries de saké et de petites boutiques artisanales.

Nous reprenons la route en direction de Shirakawa-go, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce village isolé, niché dans une vallée verdoyante, est célèbre pour ses maisons gassho-zukuri. Ces habitations traditionnelles aux toits pointus de chaume, conçues pour résister aux lourdes chutes de neige de l’hiver, sont impressionnantes. Le mot gassho signifie « mains jointes en prière », car les toits inclinés rappellent des mains jointes.

Depuis le point d’observation Shiroyama, situé sur une colline surplombant le village, la vue est à couper le souffle.
Les maisons de Shirakawa-go, certaines âgées de plus de 250 ans, sont encore habitées, et certaines ont été transformées en musées. Nous visitons l’une d’elles.

Après cette journée d’exploration dans les montagnes japonaises, il est temps de retourner à Nagoya. Arrivés en début de soirée, notre essayons la spécialité locale : le Misokatsu qui est un porc pané frit. Le tout est servi avec du chou finement râpé, une soupe miso et du riz blanc. Un délice réconfortant qui clôt en beauté cette journée riche en saveurs et en découvertes.